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les appareils photos Lomography

La «jeune star» de 30 ans a toujours la cote

 


Depuis la sortie de son premier prototype, le AK-A ou LC-A (Lomo Kompakt Automatik) en Union Soviétique, il y a trente ans, et après sa commercialisation en masse, dans les années 90 par deux étudiants viennois répondant au nom de Matthias Fiegl et Wolfgang Stranzinger, l’appareil photo lomographique a toujours la cote. Des clubs et des associations des adeptes de photo «Lomo» ont même été créés à travers le monde et compte plus de 500 000 lomographes, qui sont des utilisateurs d’appareil lomographique. Des illustres personnalités comme Robert Redford, Moby et Michael Schumacher font partie des fans de la lomographie.

 

                                                                Le Lomo LC-A est l'ancêtre de la lomographie

 

 

Chacun ses règles

 

 

Ce qui impressionne sur l’appareil photo lomographique c’est le fait que son utilisation n’est soumise à aucune exigence particulière comme c’est contrairement le cas pour les autres appareils photographiques issus des dernières technologies. En effet, l’utilisateur de «Lomo», c’est-à-dire, le lomographe, obéit plutôt à son instinct et son maître mot est la spontanéité. Celui-ci travaille avec ses propres règles et laisse le hasard faire le travail. Même si la lomographie n’a pas de directive, celle-ci se conforme à un esprit bien à elle.  

                                                                          La Holga est un autre modèle nouvellement disponible en magasin.

 

La lomographie n’est plus qualifié actuellement d’effet de commerce ou d’une action marketing mais c’est un véritable mouvement. Ce n’est plus uniquement l’appareil qui est placé au centre des débats mais c’est aussi et surtout un état d’esprit, qui stipule qu’il faut laisser tomber les règles académiques de la photographie pour laisser libre court à ses envies. Contrairement aux professionnels munis de leurs appareils derniers cris, le lomographe déclenchera sans retenu son Lomo sans se préoccuper du cadrage et encore moins de la vitesse. Il n’est pas question de parler de  sensibilité et d’ouverture. Il n’a point de besoin de sujet pour obtenir des images radicales et différentes. La lomographie telle que la définit certains professionnels : "c’est la photographie comme on respire, en oubliant tous les critères académiques qui font qu’une photographie sera jugée bonne ou mauvaise"

 

Dans ce mouvement, les règles d’or, qui ne le sont pas en fait, reposent sur dix points : «Emporte ton Lomo où que tu ailles ; la lomographie ne fait pas intrusion dans ta vie, elle en fait partie ; essaie la prise de vue sans viser ; approche-toi au plus près des objets que tu veux lomographier ; ne pense pas ; sois rapide ; tu n’as pas à savoir à l’avance ce que tu prends en photo ; après coup non plus ; moque-toi des règles.

 

La lomographie est aussi la simplicité. Son utilisateur n’est pas obligé d’être un accros de la technologie pour pouvoir s’en servir. Avec cet appareil dont la technicité n’a pas trop évolué par rapport à son ancêtre le Lomo LC-A, appelé aussi par les collectionneurs le «cyrillique». L’on travaille encore les vieilles pellicules que l’on développe soi-même et l’on choisit à la main les photos à sortir. De bonnes vieilles méthodes dont se sont servies les générations anciennes pour réussir leurs belles images.        
 

 

Des images en exemplaire unique

 

 

La marque russe qu’est le Lomo se distingue des autres appareils, qu’ils soient de l’ancienne génération et fabriqués avec les dernières technologies, par le caractère exceptionnel et unique de son image. Certains fans de ««cyrillique» sont fascinés par la qualité particulière des photos prises avec cette pièce de collection. Elles sont effectivement caractérisées par un vignetage prononcé, c’est-à-dire, les bords de la photo sont plus foncés que le centre, ainsi qu’une saturation et un contraste élevé des couleurs. Il faut noter que le flou n’est pas le résultat d’une incompétence mais en lomographie, ceci est tout à fait normal. D’ailleurs, c’est ce qui fait le charme des images prises avec un Lomo. Il est légitime pour les profanes d’affirmer que : "la lomographie est une forme de résistance au tout numérique. Une occasion d’utiliser du film 35mm et de vivre l’attente puis la redécouverte des images après le traitement par un laboratoire. C’est la possibilité de créer des effets multiples comme les effets grand-angle, couleurs inattendues ou encore les surimpressions".

 

                                                                           Des images toujours surprenantes.

 

Le Lomo est un appareil photographique argentique capable d’absorber la lumière, même la nuit, pour sortir des images les plus surprenantes. Les commentaires des utilisateurs de Lomo ne le démentiront point. Certes, il y en a qui ont un cran contre la lomographie, ces derniers n’appréciant pas les images qui s’apparentent à celles prises il y a des décennies en arrière, mais ceux qui aiment le Lomo le resteront pour toujours.
 

 

La tendance au retro

 

Si plus d’un le donnait pour mort, ce vieil appareil photo argentique Lomo compte toujours de plus en plus de fans. Mieux encore, ce sont les jeunes qui se ruent vers l’appropriation de ce petit gadget apparemment obsolète mais dont les performances étonnent encore le monde de la photographie professionnelle. Il y en a qui disent que le Lomo est en train de revenir à la vie tandis que d’autres affirment que l’appareil à la mode pendant les années 90 ne s’était pas éteint mais vivait plutôt en cachette. Depuis quelques années, la tendance est au retro. Le Lomo revient sur le devant de la scène.  
Il faut rappeler que la vraie commercialisation du Lomo remonte en 1992 où la Lomographic Society International (LSI), fondée par Matthias Fiegl et Wolfgang Stranzinger a commencée à le produire en masse et que l’appareil était exporté vers d’autres pays d’Europe. Il fut une époque où, du fait de son succès, il était très difficile de trouver dans les magasins ces appareils photo. Il n’est d’ailleurs toujours pas facile d’en trouver de nos jours mais comme il fallait s’y attendre, c’est en Chine, notamment à Beijing que de plus en plus de magasins spécialisés en appareils photo exposent dans leurs vitrines le Lomo. C’est un certain Liu Qiang, qui a ouvert la première boutique de Lomographie à Beijing en 2007 et celui-ci en a déjà ouvert d’autres depuis ce temps. Certes, ce ne sont pas les modèles de Lomo tels qu’ils ont été fabriqués à leur origine qui sont produits en Chine mais c’est le Holga, un appareil similaire au LC-A, muni des mêmes principes et caractéristiques. Il faut préciser que le Lomo a fait son apparition dans ce pays asiatique en 2004 sauf que celui-ci était passé à l’époque inaperçu.

 

Mais ailleurs aussi, l’on se bat pour le retour de l’appareil lomographique. En effet, le mouvement des adeptes de cet état d’esprit a abouti à la création d’une collection appelée «La Sandrina» Celle-ci se compose de 4 appareils qui s’apparentent à une petite boîte de sardine. Ces derniers ont été créés par des «lomofans» pour les «lomographes»  
De quoi raviver l’espoir des lomographes qui ne demandaient pas tant. Effectivement, les cyrilliques étaient déjà considérés dans la catégorie des pièces de collection dont la plus rare était le Lomo créé en 1986 à l’occasion et pour le 25ème congrès du parti communiste de l’Union Soviétique. Ce modèle est muni d’un petit drapeau rouge et or.
 

 

Un bel avenir pour le Lomo

 

Le Lomo est un appareil photographique argentique qui a connu un destin bien insolite. Son aventure a commencé dans une usine russe de fabrication de lentille destinée à la guerre.  LOMO est le diminutif de «Leningradskoe Optiko Mechanicheskoe Objedinenie» ou Usine de mécanique et d’optique de Leningrad. Il fut inspiré d’un modèle d’appareil photo de marque japonaise, la Cosina CX1 à laquelle les techniciens russes ont apporté quelques adaptations. Si le Pr Radionov fut le père créateur du Lomo dont le premier prototype était dénommé AK-A (Lomo Kompakt Automatik) appelé LC-A, le succès de celui-ci, il le doit à Matthias Fiegl et Wolfgang Stranzinger et leur usine Lomographic Society International.

 

Actuellement, les magasins de lomographie se sont développés et les accessoires pour Lomo commencent à être plus faciles à trouver. Certes, l’on n’en trouve pas comme ce serait le cas des autres appareils plus modernes pour lesquels, les cartes mémoires, les objectifs ou encore les flashes  peuvent déjà se commander via Internet mais pour l’appareil lomographique, certains boutiques proposent aussi les films, les objectif ou les adaptateurs d’objectif. Ce qui est sûr est que le Lomo n’atteindra pas les performances des appareils photo reflexe-numérique et tant mieux pour les lomographes puisque si c’est le cas, l’appareil serait contrait de courir après des objectifs commerciaux. L’on peut être certain également que cette philosophie qu’est la lomographie, restera toujours appréciée par ses disciples.   

 

Le seul hic pour le «cyrillique», la technologie est capable de faire du bien comme du mal. En effet, on peut imiter, avec l’aide d’un ordinateur muni de logiciel approprié, les images produites par un appareil lomographique. Quoi qu’il en soit, les lomofans ne baisseront par les bras. Ils continueront à vivre avec leur LC-A ou Holga. Ils vivront toujours dans ce monde de liberté que leur ouvre le Lomo. Assurément, Lomo est promus à bel avenir.